Femme et vie professionnelle

 

Françoise Gatelet à 65 ans , c’est la plus jeune résidente de l’EPHAD.

 

C’était important pour vous les études ?

J’ai été élevée jusqu’à l’âge de 9  ans par ma tante et j’ai été très proche de ma grand-mère paternelle qui me défendait. Certaines femmes ont été importantes dans ma vie. Ma relation avec mes parents a été difficile, nous n’avons jamais été proches. Mon père dirigeait ma vie de façon autoritaire et parfois violente et il admirait ma mère qui ne tenait pas son rôle sur l’éducation.

Alors je me suis accrochée aux études pour fuir cette situation. Les études ça sauve. J’étais une très bonne élève, j’ai partagé les cours avec le petit-fils de De Gaulle. Les études aident à s’ouvrir aux autres. Tout ce que l’on ne me disait pas à la maison je l’apprenais à l’école.

Jeune, je ne me sentais pas libre de ma vie, les femmes de mon entourage devaient toujours avoir l’accord de leur père ou de leur mari, elles ne pouvaient pas prendre de décisions seules. Les études m’ont permis d’obtenir un travail à responsabilité et ainsi j’ai pu devenir autonome et indépendante. Ensuite, j’ai vécu avec mon premier mari à Paris où j’ai fait mes études et obtenu un BAC + 8.

 

Vous êtes-vous senti égale aux hommes dans votre activité professionnelle ?

 J’ai commencé à travailler dans une centrale nucléaire dans le domaine électrique. J’ai dirigé une équipe d’hommes durant 15 ans et il n’y avait pas de différence avec eux. Il y avait une réelle égalité professionnelle. C’est peut-être parce que j’avais un poste à responsabilité.

Un jour j’ai appris que mon mari souffrait d’une maladie cardiaque, à la suite de cela nous avons déménagé dans le Lot-et-Garonne et nous nous sommes lancés dans l’élevage de canard gras. Nous nous entendions très bien et professionnellement nous nous complétions. Quelques temps plus tard je me suis retrouvée veuve à 40 ans avec mes deux fils. Puis, j’ai rencontré un professeur de mathématique.

 

Quelle image avez-vous des jeunes femmes aujourd’hui ?

Je trouve qu’il y eu des avancées importantes au niveau des droits personnels des femmes comme sur l’avortement et la contraception, en revanche l’information sur ces nouvelles pratiques n’était pas au point à l’époque. 

Je trouve qu’aujourd’hui les femmes prennent plus le temps, réfléchissent plus à leur choix de vie. Elles sont matures plus rapidement et moins coincées qu’à mon époque. Les études les ont aidés en cela, elles sont moins dépendantes des hommes.