Femmes et conquête des droits civiques et politiques

Josette D’Ambroso est née en 1935. Elle a passé la majeure partie de sa vie dans un petit hameau du Lot-et-Garonne, au Béas.

 

Vous êtes- vous impliquée dans la vie politique ?

En 1944, lorsque les femmes ont eu le droit de vote, j’étais trop jeune car il fallait avoir 21 ans. Mais dès que j’ai obtenu la majorité je me suis très rapidement intéressée à la vie de mon village. A cette époque, peu de femmes s’intéressaient à la politique et aux affaires de la commune. C’était plutôt une histoire d’hommes. On est venue me chercher pour me présenter aux élections municipales et être sur une liste. J’ai accepté par affinité avec les personnes plus que par idées politiques partagées. La majorité des conseillés n’étaient pas vraiment libre de leurs idées, ils suivaient souvent les idées de leur parti politique mais moi j’étais libre. J’ai effectué trois mandats à Barbaste et j’ai été adjointe au maire. J’étais la seule femme dans l’équipe municipale. J’étais motivée, mon avis était écouté en conseil, j’étais assez influente même. On ne me considérait pas comme inférieure. C’était très enrichissant à tous les niveaux car dans une petite commune on est très sollicité et dans tous les domaines (le social, les routes, les querelles de voisinages, l’eau). Je recueillais aussi le mécontentement des gens. Parfois, il fallait être solide face aux critiques mais j’avais mon petit caractère.

 

Comment voyez-vous la place des femmes en politique aujourd’hui ?

Elles sont plus nombreuses et c’est bien ! Heureusement que cela a évolué, c’est un acquis. Des progrès essentiels ont été faits. Mais même s’il n’y avait pas beaucoup de femmes élues à l’époque, je n’ai jamais ressentie de différences de la part des hommes dans la façon dont on me traitait. J’ai toujours eu un sentiment d’égalité.

Emilie Dubray et Maéva D’Ambroso

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