Femme, vie familiale et Trente Glorieuses

Georgette Cavalier, Denise Taburel et Germaine Caubet.

 

Quelle a été votre place au sein de vos familles ?

Nous avons été très jeune impliquées dans l’aide familiale. Germaine a dû s’occuper très tôt de son frère et aider sa mère dans les travaux des champs. L’école était parfois très loin de la maison et Georgette devait parcourir 14 km à pied pour s’y rendre. Cependant, il y avait beaucoup d’entraide notamment entre les femmes.

Pour les fêtes de fin d’année nous n’avions pas de jouets car nos familles n’avaient pas les moyens. Mais c’était comme cela. Nous n’étions pas malheureux pour autant. Nous nous amusions beaucoup dans les fêtes de villages, nous dansions, il y avait des concours de pêche et des retraites aux flambeaux. Toute la famille y participait.

Après la seconde Guerre Mondiale la France a connu les « 30 Glorieuses ». Comment avez-vous vécu cette période ?

Nous n’avons pas de suite vu les progrès mais dans les années 60 nous avons vu notre condition de femme évoluer et notre quotidien se transformer avec l’arrivée des « machines ». Nous avons eu davantage de temps libre et nous étions beaucoup moins fatiguées car c’était plus performant. Ces machines ont libérées les femmes de leurs tâches quotidiennes. Tout était moins pénible !

Certaines femmes avaient des époux qui partageaient les tâches. C’était le cas de Denise, au sein de son couple, elle partageait les tâches ménagères. Son mari s’occupait également beaucoup des enfants. Les choix au sein du couple étaient communs, c’était assez moderne pour l’époque. Puis, vers 38 ans, elle a obtenu davantage d’autonomie avec le permis de conduire. Grâce à la voiture elle a pu aller travailler dans un bureau qui se trouvait à 3 km de chez elle. Cela lui a permis d’avoir plus d’autonomie et d’indépendance. Cette période a vraiment été une révolution, on vivait dans un autre monde.

Pensez-vous qu’il y a encore des progrès à accomplir au niveau du droit des femmes ?

Tout est allé très vite même trop vite, mais nous sommes heureuses d’avoir tous ces droits. Denise pense qu’il y a encore des progrès à faire notamment pour l’égalité des salaires. Nous pensons que les nouvelles générations partagent davantage les tâches et que les femmes ont plus de soutient.

 

Blandine, Clémence.T et Maelle

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